Les écodélégués à la découverte d’un projet de restauration écologique
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Cette modification du paysage a entraîné plusieurs problèmes écologiques majeurs. Le cours de l’Ildut, qui traversait autrefois directement cette zone, s’est retrouvé piégé dans ces lacs artificiels, perdant ainsi sa vitesse d’écoulement naturelle. Cette stagnation de l’eau a eu des répercussions importantes sur la faune aquatique.
Impacts observés : Les lacs, chargés en métaux et autres polluants issus de l’exploitation minière, sont devenus des milieux dégradés où les espèces d’eaux vives comme les truites et les saumons ne pouvaient plus se reproduire ni se développer correctement. De plus, la colonisation par des espèces comme le brochet, qui apprécie les eaux calmes, a exercé une pression supplémentaire sur ces populations de poissons migrateurs.
Face à ces enjeux écologiques, la CCPI a entrepris des travaux de grande envergure pour restaurer le fonctionnement naturel du cours d’eau. L’objectif était double : permettre à l’Ildut de retrouver son tracé et sa dynamique d’origine, tout en gérant les risques d’inondation à proximité du centre-ville.
Cette ancienne zone agricole a été reconvertie pour servir de zone tampon capable d’absorber les crues et ainsi éviter les inondations en amont comme en aval. Elle permet de réguler le niveau des eaux, protégeant les habitations tout en restaurant un milieu favorable à la biodiversité.
Cette section rectiligne a été aménagée pour redonner de la vitesse au ruisseau. Le lac se situe à droite et l’Ildut à gauche, permettant ainsi de séparer les deux milieux aquatiques et de restaurer la dynamique naturelle du cours d’eau.
Ce seuil joue un rôle écologique majeur en empêchant le lac de se vider complètement dans l’Ildut. Il constitue une barrière contre l’invasion des brochets dans le cours d’eau, tout en canalisant les truites et les saumons vers l’Ildut pour éviter qu’ils ne se perdent dans le lac. Il permet également de contenir les polluants présents dans le lac et de les empêcher de migrer vers l’aval.
Ces aménagements avaient été initialement conçus pour servir de caches à poissons. Aujourd’hui comblés par les sédiments, ils ne remplissent plus cette fonction première mais jouent un nouveau rôle important : ils ralentissent le cours d’eau et créent des turbulences que certaines espèces de poissons recherchent activement. Ces zones présentent également un intérêt pour la pêche de loisir.
Durant la visite, les écodélégués ont pu observer concrètement les aménagements réalisés et comprendre comment la restauration d’un cours d’eau s’inscrit dans une démarche globale de préservation de l’environnement. Cette sortie illustre parfaitement les liens entre activités humaines, modification des milieux et nécessité d’une gestion réfléchie des ressources naturelles.
La passerelle surplombe le seuil déversoir et offre un point de vue privilégié sur les aménagements. Monsieur Marchand nous a expliqué que le niveau d’eau dans le lac peut être contrôlé et abaissé pour découvrir certaines zones, ce qui favorise notamment la reproduction des brochets.
Biodiversité observée : Le site abrite une faune riche et variée. De nombreux oiseaux sont visibles dans cette zone humide restaurée. L’an dernier, lors d’une sortie nocturne avec Christian Liotto du Groupe Mammalogique Breton, les écodélégués ont également eu l’occasion d’observer et d’écouter des chauves-souris, témoignant de la qualité écologique du site.
Cette expérience a également permis de mesurer l’importance du travail des techniciens et des collectivités territoriales dans la protection de notre patrimoine naturel local.
Cette expérience enrichissante rappelle que chaque action sur un territoire a des conséquences sur les écosystèmes, et que la restauration de milieux dégradés est possible grâce à une volonté politique et à l’expertise scientifique et technique.
Survol aérien de l’Aber Ildut et de ses paysages restaurés




