Une sortie pédagogique au lac de la Comiren.

Comprendre la restauration d’un cours d’eau

Les écodélégués à la découverte d’un projet de restauration écologique

Les écodélégués du collège Simone Veil ont eu l’opportunité de découvrir un exemple concret de restauration écologique lors d’une sortie au lac de la Comiren, animée par Monsieur Marchand, technicien des milieux aquatiques à la Communauté de Communes du Pays d’Iroise (CCPI). Cette visite a permis d’observer les importants travaux réalisés pour rétablir le cours naturel de l’Ildut et restaurer la biodiversité locale.

Comparez l’évolution du site avec l’outil « Remonter le temps »

Déplacez le curseur pour comparer les différentes époques (1958, 2005, 2012…)

Un paysage façonné par l’activité humaine
Vue sur le lac de la Comiren

Le lac de la Comiren

Le site du lac de la Comiren porte les traces d’une histoire industrielle qui a profondément modifié le territoire. L’exploitation d’un gisement d’étain a en effet créé ces plans d’eau artificiels qui, bien que pittoresques, ont bouleversé l’écosystème d’origine. L’outil Remonter le temps de l’IGN permet de comparer visuellement cette transformation : le paysage de 1958, avant l’exploitation minière, diffère radicalement de celui observé avant 2005, lorsque les lacs avaient remplacé le cours naturel de l’Ildut.

Des conséquences environnementales multiples

Cette modification du paysage a entraîné plusieurs problèmes écologiques majeurs. Le cours de l’Ildut, qui traversait autrefois directement cette zone, s’est retrouvé piégé dans ces lacs artificiels, perdant ainsi sa vitesse d’écoulement naturelle. Cette stagnation de l’eau a eu des répercussions importantes sur la faune aquatique.

Impacts observés : Les lacs, chargés en métaux et autres polluants issus de l’exploitation minière, sont devenus des milieux dégradés où les espèces d’eaux vives comme les truites et les saumons ne pouvaient plus se reproduire ni se développer correctement. De plus, la colonisation par des espèces comme le brochet, qui apprécie les eaux calmes, a exercé une pression supplémentaire sur ces populations de poissons migrateurs.

Des travaux ambitieux de réhabilitation

Face à ces enjeux écologiques, la CCPI a entrepris des travaux de grande envergure pour restaurer le fonctionnement naturel du cours d’eau. L’objectif était double : permettre à l’Ildut de retrouver son tracé et sa dynamique d’origine, tout en gérant les risques d’inondation à proximité du centre-ville.

Les aménagements hydrauliques en détail
Trop plein
Zone de débordement

Cette ancienne zone agricole a été reconvertie pour servir de zone tampon capable d’absorber les crues et ainsi éviter les inondations en amont comme en aval. Elle permet de réguler le niveau des eaux, protégeant les habitations tout en restaurant un milieu favorable à la biodiversité.

Section rectiligne de l’Ildut

Cette section rectiligne a été aménagée pour redonner de la vitesse au ruisseau. Le lac se situe à droite et l’Ildut à gauche, permettant ainsi de séparer les deux milieux aquatiques et de restaurer la dynamique naturelle du cours d’eau.

Le seuil - déversoir
Seuil déversoir multifonction

Ce seuil joue un rôle écologique majeur en empêchant le lac de se vider complètement dans l’Ildut. Il constitue une barrière contre l’invasion des brochets dans le cours d’eau, tout en canalisant les truites et les saumons vers l’Ildut pour éviter qu’ils ne se perdent dans le lac. Il permet également de contenir les polluants présents dans le lac et de les empêcher de migrer vers l’aval.

Aménagements pour la dynamique du cours d’eau

Ces aménagements avaient été initialement conçus pour servir de caches à poissons. Aujourd’hui comblés par les sédiments, ils ne remplissent plus cette fonction première mais jouent un nouveau rôle important : ils ralentissent le cours d’eau et créent des turbulences que certaines espèces de poissons recherchent activement. Ces zones présentent également un intérêt pour la pêche de loisir.

Observer et comprendre pour mieux protéger

Durant la visite, les écodélégués ont pu observer concrètement les aménagements réalisés et comprendre comment la restauration d’un cours d’eau s’inscrit dans une démarche globale de préservation de l’environnement. Cette sortie illustre parfaitement les liens entre activités humaines, modification des milieux et nécessité d’une gestion réfléchie des ressources naturelles.

La passerelle d’observation
Passerelle

La passerelle surplombe le seuil déversoir et offre un point de vue privilégié sur les aménagements. Monsieur Marchand nous a expliqué que le niveau d’eau dans le lac peut être contrôlé et abaissé pour découvrir certaines zones, ce qui favorise notamment la reproduction des brochets.

Biodiversité observée : Le site abrite une faune riche et variée. De nombreux oiseaux sont visibles dans cette zone humide restaurée. L’an dernier, lors d’une sortie nocturne avec Christian Liotto du Groupe Mammalogique Breton, les écodélégués ont également eu l’occasion d’observer et d’écouter des chauves-souris, témoignant de la qualité écologique du site.

Cette expérience a également permis de mesurer l’importance du travail des techniciens et des collectivités territoriales dans la protection de notre patrimoine naturel local.

Cette expérience enrichissante rappelle que chaque action sur un territoire a des conséquences sur les écosystèmes, et que la restauration de milieux dégradés est possible grâce à une volonté politique et à l’expertise scientifique et technique.

Découvrez l’Aber Ildut en images

Survol aérien de l’Aber Ildut et de ses paysages restaurés

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